Jean Paul Gaultier, l'expo

Publié le par namande

La semaine dernière, avec une copine, nous sommes allées sur Paris, direction Le Grand Palais, pour l'exposition Jean-Paul Gaultier...

Après une petite heure d'attente (annoncé 2h30), nous sommes rentrées...

Couturières.... vous allez adorer.... mais les autres aussi !!! Ce sont des tenues inédites du créateur... créées entre 1970 et 2013...

Si vous comptiez y aller.... ne lisez pas la suite.... et pour les autres... installez-vous.... la visite guidée commence....

Jean Paul Gaultier, l'expo

Surnommé « l’enfant terrible de la mode » par la presse dès ses premiers défilés dans les années 1970, Jean Paul Gaultier est incontestablement l’un des créateurs les plus importants de ces dernières décennies.
Créées entre 1971 et 2015, ces pièces n’ont pour la plupart jamais été exposées. Cette exposition multimédia célèbre l’audace et l’invention de sa mode avant-gardiste et explore ses sources d’inspiration, aussi éclectiques qu’impertinentes, au travers d’un parcours thématique. Sa mode avant-gardiste a saisi très tôt les préoccupations et les enjeux d’une société multiculturelle, bousculant avec humour les codes sociologiques et esthétiques établis. Plus que sur tout autre couturier, cette exposition célèbre son humanité.
Au-delà de la virtuosité technique résultant de l’exceptionnel savoir-faire des différents métiers de la haute couture, d’une imagination débridée et de collaborations artistiques historiques, il offre une vision ouverte de la société, un monde de folie, de sensibilité, de drôlerie et d’impertinence où chacun peut s’affirmer comme il est.

Jean Paul Gaultier, l'expo
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LES FALBALAS DE GAULTIER
Né à Arcueil en 1952, Jean Paul Gaultier, enfant, se réfugie dans le salon de soins de beauté de sa grand-mère Marie. En autodidacte, il puise sa sensibilité dans les émissions de variété et le cinéma. Il est en particulier subjugué par les éblouissants costumes des danseuses des Folies Bergère, ses manuels d’apprentissage sont alors des magazines tels Jardin des Modes, et l’émission de télévision Dim, Dam,Dom. Grâce au film Falbalas (1944) de Jacques Becker, l’enfant découvre avec ravissement l’univers de la haute couture parisienne : c’est l’élément déclencheur qui révèle sa vocation de couturier.
Adolescent, il dessine deux collections par an et n’hésite pas à envoyer ses croquis aux grandes maisons de couture parisiennes. Yves Saint Laurent trouve ses choix de couleurs trop audacieux, mais le jour de son dix-huitième anniversaire, il se voit offrir par Pierre Cardin un emploi d’assistant dans son studio du 8e arrondissement.
Au début des années 1970, époque où le swinging London éclipse le chic parisien, Gaultier est témoin de la révolution culturelle et sociale, en France et à l’étranger. Avec l’aide de son compagnon de vie et partenaire d’affaires Francis Menuge, il présente ainsi sa première collection en octobre 1976 au Planétarium du Palais de la Découverte à Paris. À cette même époque, il fait la connaissance de ses premières muses, toujours fidèles collaboratrices du couturier : Anna Pawlowski, Aïtize Hanson, Frédérique Lorca, Inès de la Fressange et Farida Khelf
.

L’ODYSSÉE
L’Odyssée renvoie à ce que l’on pourrait appeler les « mythes fondateurs » de l’univers Gaultier elle est à l’origine de certaines figures récurrentes dans ses collections, celle du marin, personnage à la fois viril et fortement connoté sexuellement, ou celle de la sirène, qui incarne par excellence la grâce, l’hybridité, la séduction féminine et le trompe l’oeil. L’iconographie religieuse et son détournement se retrouvent également dans plusieurs de ses collections.
Le créateur est fasciné par les univers poétiques de Jean Genet et de Jean Cocteau. Son goût pour la marinière, devenue son emblème, remonte à l’enfance : « J’aime depuis toujours l’aspect graphique, architectural de la rayure. Ma mère m’habillait avec des pulls marins, ils vont avec tout. C’est un basic, un vêtement qui ne se démodera probablement jamais. Il y a eu plusieurs influences : Coco Chanel, Pablo Picasso la portaient, mais aussi Popeye et Tom of Finland. Mais c’est le film Querelle de Rainer Fassbinder (1982) qui en a fait mon vêtement fétiche. » L’emblématique rayure incarnant la marque sera déclinée de mille et une façons. Conciliant tradition et avant-garde, Gaultier fait le grand saut en ouvrant sa propre maison de couture et crée l’évènement en présentant sa première collection de haute couture en janvier 1997.

Jean Paul Gaultier, l'expo
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PUNK CANCAN
Le Paris carte postale de Gaultier est un univers éclaté, marqué par l’empreinte de diverses époques.
Certains symboles et clichés enregistrés par l’oeil du couturier lorsqu’il était enfant – la tour Eiffel, le béret et le trench coat – s’imposent comme des références réinterprétables à souhait. Fasciné par le Paris de la Belle Époque, celui de Toulouse-Lautrec et du Moulin Rouge, celui de Brassaï et de l’Hôtel du Nord de Marcel Carné, par les bistros et des cabarets de Pigalle, il maintient le cap de l’élégance parisienne en revisitant les silhouettes des icônes de l’après-guerre tout en s’inspirant de la bourgeoise, de la concierge et du titi parisien.
À Londres, qu’il découvre à l’adolescence, le couturier est frappé par le mélange de tradition et
d’avant-garde qui règne dans la capitale anglaise. Il puise alors son inspiration à des sources moins conventionnelles : les dandys en chapeau melon croisent les punks tatoués de Trafalgar Square ; leurs tenues dans lesquelles se mélangent latex, cuir, tartan, épingles de nourrice, dentelle et résille nourrissent l’oeil et l’imaginaire de Gaultier.
Le point de rencontre entre ces deux mondes, le parisien et le londonien, est donc ce « punk cancan » qui ressurgit tout au long de sa carrière sous la forme de vêtements incarnant à la fois la classe et l’anticonformisme, le classicisme et l’esprit de rébellion. Les plumes, les boas et les froufrous du french cancan côtoient le cuir, le jean et les étoffes à carreaux. Le chic est dans le tailleur, la robe ou le pantalon… pour les hommes comme pour les femmes. Gaultier, couturier à l’âme de punk, invente de nouveaux codes esthétiques, n’imposant rien et encourageant plutôt chacun à s’habiller selon un style qui lui est propre.

 

Jean Paul Gaultier, l'expo
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MUSES
Dès ses débuts, l’enfant terrible est attiré par les beautés non classiques. Balayant les critères et les codes définis par la mode et la société, il créé un nouvel idéal, faisant fi de la corpulence, de la couleur de la peau, de l’âge, du genre et de l’orientation sexuelle. Gaultier se distingue par son rapport à la différence qu’il accueille avec bonheur. Par le choix de ses mannequins et de ses muses, il contribue à l’ouverture des critères de beauté, offrant une mode inclusive où tous sont les bienvenus. Il est le premier à travailler avec des mannequins androgynes tels que Teri Toye, premier mannequin transgenre des années 1980, la québécoise Ève Salvail, avec son crâne rasé et tatoué, Tanel Bedrossiantz et son fameux déhanché. Tout récemment, Andrej Pejić a défilé pour le couturier en homme, puis en femme, sous le nom d’Andreja, après une opération de changement de sexe subie en 2014. Peu soucieux des conventions, il organise pour ses défilés des castings sauvages qui viennent compléter la sélection des agences professionnelles. Le couturier invite sur le podium des personnalités atypiques ou surprenantes comme l’actrice espagnole Rossy de Palma, Beth Ditto – la chanteuse lesbienne militante du groupe américain Gossip –, le chanteur androgyne Boy George ou encore le lauréat de l’Eurovision 2014, le chanteur travesti à barbe Conchita Wurst. En septembre 1992, un défilé rétrospectif est présenté à Los Angeles, au profit de la recherche contre le sida (amfAR). De nombreuses célébrités présentent une centaine de modèles aux 6 300 spectateurs présents.

Jean Paul Gaultier, l'expo
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LE SALON
Tout petit, Gaultier est fasciné par le charme suranné des corsets. Dès les années 1960, le témoin privilégié des premiers élans créatifs de l’enfant terrible, c’est Nana, son ours en peluche.
Comme l’explique Gaultier : « Dès mon jeune âge, j’ai expérimenté diverses facettes de la création.
J’ai fabriqué mes premiers seins coniques avec du papier journal, sur mon ourson Nana.
J’ai pris chez ma grand-mère un napperon circulaire, au milieu duquel j’ai découpé un rond pour faire une jupe à mon ours. Sans le savoir, j’ai ainsi fait une coupe en biais! »
Ainsi, en retravaillant les corsets du début du XXe et les guêpières des années 1940 exhumés
des placards de sa grand-mère, Gaultier parvient à réinventer des classiques. De cet exercice
naissent notamment le fameux soutien-gorge à seins coniques et les sous-vêtements portés
sur les vêtements. Dans la garde-robe de la femme moderne, les robes-corsets symbolisent le
pouvoir et la sensualité. Pour certains, les femmes corsetées de Gaultier apparaissent comme une négation des luttes féministes des années 1960 et 1970, mais en réalité, le couturier provoque plutôt une libération postféministe au chapitre de l’apparence. qu’il considère comme son principal outil, sa base de travail – est pour lui une source inépuisable d’inspiration. Son imagination débridée et sa profonde liberté le conduisent à transformer les matières, qui se changent alors en seconde peau. Il explore les possibilités du trompe-l’oeil, notamment dans ses modèles « tatouages » tissés ou imprimés sur un tulle élastique. Parfois, le vêtement dévoile ou souligne ostensiblement ce qu’il devrait dissimuler.
Tout en jouant sur l’illusion de nudité, Jean Paul Gaultier bouleverse les codes esthétiques en travaillant des matières peu utilisées par le prêt-à-porter et la haute couture. Ses créations intègrent le latex, le cuir, la résille, les harnais et autres éléments associés au sadomasochisme, qui passent ainsi du sexshop au podium grâce au couturier qui revendique crânement le droit à la différence. Proposant des vêtements hypersexués qui évoquent des univers à la fois romantique et fétichiste, Jean Paul Gaultier habille les nouvelles amazones, élégantes et provocantes certes mais jamais vulgaires. Son style subversif va influencer la mode contemporaine mais aussi toute une génération de créateurs.

 

Jean Paul Gaultier, l'expo
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METROPOLIS
La métropole est, par essence, le point de rencontre du monde de la mode et d’autres univers du spectacle – à savoir le cinéma, la télévision, la musique et la danse –,dans un registre tant populaire qu’avant-gardiste. Enfant, le petit écran est la principale fenêtre culturelle de Jean-Paul Gaultier, se passionne déjà pour le cinéma et le music-hall. La mode ? Elle ne l’intéresse que parce qu’elle autorise le spectacle. Sa vision futuriste de la mode se manifeste dans les costumes qu’il crée pour le cinéma et la scène. De nombreux réalisateurs sont attirés par son vocabulaire unique, riche d’influences. Il crée des costumes pour Le Cinquième Élément (1997) de Luc Besson ; pour Kika (1993), La mauvaise éducation (2003) et La peau que j’habite (2011) de Pedro Almodóvar ; pour La Cité des enfants perdus (1995) de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet ; enfin pour Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (1989) de Peter Greenaway. C’est en cinéphile averti qu’il devient en 2012 le premier couturier à être membre du jury du Festival de Cannes.
Gaultier collabore également avec des chorégraphes de danse contemporaine tels que Karol Armitage, Maurice Béjart, Régine Chopinot et Angelin Preljocaj, mais aussi avec des stars de la pop française et internationale, notamment Boy George, Arielle Dombasle, Depeche Mode, Mylène Farmer, Yvette Horner, Madonna, Kylie Minogue, Niagara, Nirvana, Rita Mitsouko, Tina Turner et Lady Gaga.
Plus récemment, il a collaboré avec Amanda Lear au théâtre, travaillé sur les spectacles de l’humoriste Florence Foresti, ainsi que sur la pièce Innocence de Dea Loher, mise en scène par Denis Marleau et présentée à la Comédie-Française.

Jean Paul Gaultier, l'expo
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JUNGLE URBAINE
Gaultier aime farouchement la différence. La débusquant dans des mondes encore imperméables
à la standardisation de la mode, il respecte les individualités et aime les particularités. De ce travail d’observation naît une nouvelle esthétique, où le vêtement incarne le dialogue entre les cultures, les origines et les ethnies, par-delà les limites géographiques, les croyances religieuses et les barrières linguistiques.
Gaultier gomme les frontières, créant des hybrides à mi-chemin entre le monde urbain et les territoires sauvages, entre tradition et modernité, entre animalité et raffinement. Observateur de son temps, le créateur dénonce dans ses défilés les injustices de la société, les tabous, tout en soulignant la beauté des différences dans ses silhouettes.
Comme dans un univers à la Prévert, on y retrouve les boléros des toréros, les schtreimel et les grands manteaux sombres des rabbins, les gilets venus de Mongolie, les kimonos des geishas, les jupes de flamenco et les masques africains. Ils se combinent avec des éléments et des matières représentatifs de la garde-robe Gaultier tels le corset, le cuir, le vinyle et les paillettes, illustrant brillamment la façon dont le brassage des peuples autorise les rencontres enrichissantes. Le couturier anticonformiste dit de son travail qu’il se situe à mi-chemin entre le Musée imaginaire de Malraux et le dadaïsme : il rassemble tout ce qu’il aime, il mixe, matche, collecte et transgresse, puis synthétise cette démarchedans un seul vêtement.

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source : dépliant de l'exposition (ici)

Et pour finir cette belle après-midi, la copine avait repéré une adresse sympa pour goûter !!!!

Les Gâteaux THOUMIEUX

au 58 rue Saint Dominique, à Paris.

de Jean-François Piège

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Publié dans vêtements, Divers, escapade

Commenter cet article

Cindy 29/04/2015 19:14

Super article...

namande 30/04/2015 15:38

Merci, c'est aussi grâce à toi ! #cindyetlesbonstuyaux